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Application de « Safety Check » ANSAMB, La Réunion travaille sur une alternative au contact-tracing



Un collectif d’entrepreneurs baptisé « Mouvement Solidaire des Entrepreneurs Réunionnais » apporte sa contribution pour une solution opérationnelle « Safety check» qui permettrait aux réunionnais de recevoir des « notifications d’exposition » au risque Covid19. Initiative privée initiée le 22 mars dernier, dont la phase de recherche est co-financée par convention avec l’État, l’application Ansamb souhaiterait contribuer à la préparation d’un déconfinement maîtrisé à La Réunion et dans les territoires d’outre- mer. Une alternative au contact tracing, qui respecte à la fois la vie privée et la réglementation européenne sur les données personnelles.
Les entreprises citoyennes mobilisées pour leur territoire
Le projet Ansamb est une initiative public/privé cofinancée par un collectif d’entrepreneurs réunionnais emmené par le Groupe Chane Pane, le groupe Excellence et le groupe Solynvest. L’État a répondu à l’initiative en finançant pour moitié la phase de recherche actuellement en cours. Cette application sans but lucratif, sera disponible en téléchargement gratuit sur les stores. Ansamb est une application de « Safety check » qui permettra de recevoir des « notifications d’exposition » grâce à l’enregistrement des croisements entre personnes. Conçue pour être non nominative et non intrusive, elle est créée par les Réunionnais, pour les Réunionnais. Elle permettra de bloquer rapidement les chaînes de transmissions d’une épidémie en permettant à l’utilisateur devenu malade d’alerter les personnes croisées antérieurement, sans pour autant dévoiler son identité, ni sa géolocalisation.
« La taille mesurée du territoire de La Réunion et son taux d’équipement élevé en smartphones pourra aider à une adoption rapide de la solution par la population. Il faudra que 70% de la population soit équipée de l’application si l’on souhaite la voir pleinement efficiente, un objectif qui pourrait être rapidement atteint sur un territoire comme La Réunion » indique Alfred Chane Pane.
L’impact serait alors multiple :
• Permettre aux réunionnais de protéger leurs proches mais aussi les personnes avec qui elles auraient été en contact en les alertant sans pour autant dévoiler leur identité.
• Compléter l’arsenal de mesures de protections (masques, dépistages, distanciation sociale, etc.) lors d’une levée progressive du confinement.
• Contribuer à un redémarrage au plus vite de l’économie locale durement impactée, préserver les emplois des réunionnais, et prévenir une crise sociale majeure.
• Engager la population dans une démarche participative et citoyenne de protection de soi et de ses proches face au risque de contagion.
L’enjeu est la sécurisation du déconfinement de notre territoire.
« Une application diffusée en “mode viral” peut avoir une vitesse de propagation plus rapide que le virus lui-même » explique Pascal Thiaw Kine, adhérent Leclerc à La Réunion. « Son haut niveau de confidentialité et son approche locale contribuent à ses chances d’adoption par la population réunionnaise. Nous pensons qu’en temps de crise et d’urgence sanitaire, une initiative même privée peut favorablement contribuer au succès de l’action publique. Nous souhaitons contribuer au redémarrage de la vie sociale et économique de notre île. »
Une appli dans le respect de la confidentialité des données personnelles
Le projet Ansamb intègre une application smartphone qui enregistre les interactions sociales physiques de ses utilisateurs sur une période de 21 jours glissants. Ansamb respecte la Réglementation Européenne de Protection des Données (RGPD). Elle n’effectue pas de géolocalisation et ignore l’identité de son utilisateur, son numéro de téléphone, son email et même son état de santé. Afin de préserver les données privées de son utilisateur, l’application enregistre l’historique des interactions avec d’autres utilisateurs, en stockant dans la mémoire du smartphone la liste des identifiants cryptés (identifiants « pseudonymisés ») des applications des personnes rencontrées. Lors d’un contact rapproché entre 2 utilisateurs d’Ansamb (A et B), une détection de proximité par Bluetooth couplée aux ultra-sons s’effectue entre les deux applications.
Ensuite, si l’un des utilisateurs (utilisateur A) est testé positif au virus, il peut décider de transmettre la liste des « crypto-identifiants » des applications qu’il a croisées. Cet envoi est déclenché volontairement par l’utilisateur A dûment autorisé à le faire par un professionnel de santé agréé par Ansamb. L’utilisateur B, qui aura préalablement croisé l’utilisateur A est alerté par une « notification push » déclenchée par la réception des données de l’utilisateur A, lui indiquant qu’il a été exposé à la maladie. Après avoir reçu cette notification, l’utilisateur B peut contacter son médecin traitant, limiter les interaction sociales, rester confiné, et après diagnostic médical, se faire dépister.
 

Rédigé le Dimanche 31 Mai 2020 à 17:35 | Lu 423 fois