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Architecture à La Réunion : Fières cases créoles


Au départ était la case, bâtie en paille de vétyver ou en paille de coco. Puis, les cases parfumées et parfaitement étanches laisseront place aux cases en bois sous tôle. Plus tard, l’arrivée de matériaux et du développement du réseau de transport va modifier complètement le style architectural à La Réunion.


LʼARCHITECTURE
La case créole traditionnelle sur un plan rectangulaire au toit à quatre pentes est charpentée en bois puis se faisait le choix de la « case bardeau » ou de la « case en bois sous tôle ». Influencé par les styles européens, son aspect extérieur se modifie dès le XIXème siècle. Son implantation brute permet néanmoins quelques transformations en fonction de l’agrandissement de la famille, du niveau de vie des propriétaires par l’ajout d’une varangue ou de la construction d’une aile attenante à la demeure.

LE LAMBREQUIN
À la fin du XIXème siècle, le lambrequin fait son apparition sur les cases créoles. Fabriqués par les menuisiers et ferblantiers, les lambrequins sont découpés au ciseau. Cet ornement est devenu indispensable pour décorer les façades des maisons, les auvents des fenêtres. Les motifs riches et d’une exceptionnelle finesse attestaient de l’importance du propriétaire. Les inspirations des motifs étaient tout d’abord d’Art Déco, victorienne, végétal (trèfle...) mais aujourd’hui les artisans se sont laissés aller à leur imagination en puisant dans la flore locale (bougainvillée, hibiscus), la faune locale (paille en queue, colombe...) et les différentes communautés qui peuplent l’île.

LA VARANGUE
Héritée de la Compagnie des Indes, la varangue est une référence en architecture réunionnaise. Sa fonction première était de protéger des rayons du soleil, mais elle devient progressivement une véritable pièce à vivre en façade de la maison généralement, mais elle peut s’implanter à l’étage ou à l’arrière d’une maison. Un mobilier spécifique, composé de fauteuils mêlant bois et cannage lui est réservée. Certaines demeures disposaient de plusieurs varangues à l’image des grands domaines agricoles ou des demeures situées en centre-ville.

LES BARDEAUX
La case créole traditionnelle ancienne est souvent couverte de lattes de bois disposées en quinconce et se superposent à la manière des tuiles. Les bardeaux sont appréciés pour leur imperméabilité et leur résistance au vent. Le Tamarin, bois extrêmement résistant est utilisé pour leur fabrication à la main pour conserver les fibres du bois. Sa durée de vie varie s’il est taillé à la main, il durera entre un siècle ou plus et s’il est fabriqué par une machine, il durera dix ans. Ce revêtement traditionnel n’étant quasiment plus usité actuellement, les tailleurs de bardeaux à la Réunion se comptent sur les doigts d’une main.

LE JARDIN CRÉOLE
Appelée la « cour » à La Réunion, c’est un véritable zembrocal car les fleurs, les plantes, les plantes médicinales, les arbres fruitiers et les légumes y poussent en harmonie. La « cour » est très importante pour les Réunionnais car elle était un lieu où, avant l’arrivée des hypermarchés, le créole possédait à l’arrière un poulailler, un clapier ou un parc pour y élever les porcs.

LE GUÉTALI
Cette petite construction privée ressemblant à un kiosque dans l’angle d’un jardin donnait sur la rue et permettait d’observer les passants sans être vu. Le guétali, à la différence du kiosque était orné de panneaux décorés, ajourés et de lambrequins peints en blanc. Ce lieu frais et coquet, à l’abri du soleil avait deux fonctions : esthétique et pratique.

INSPIRATIONS ET ÉVOLUTIONS AU FIL DES SIÈCLES
LES VILLAS URBAINES

1770, Saint-Pierre, à l’angle des rues Barquisseau et Marius Ary Leblond s’érige une demeure imposante aux ouvertures décorées de basalte taillé, sous l’oeil de Louis-Antoine Nairac. Inspirée des styles architecturaux du XVIIIème siècle, la Maison Adam de Villiers figure sur la liste des Monuments historiques depuis le 6 juin 1988.
À Saint-Denis, dès 1808 des villas imposantes s’établissent dans la rue de Paris, la maison Blay est construite puis sera modifiée en 1860 avec l’ajout d’une double varangue qui en fait une demeure unique. Une autre maison vient dans la même année enrichir le patrimoine architectural de la ville : la demeure Payet Sers est dotée d’une toiture à l’italienne percée d’une lucarne à double fenêtre puis dès 1840 des extensions pavillonnaires en pierre complètent la maison. Elle sera rasée en 1962 pour laisser place aux deux premiers immeubles de bureaux de la ville.
1830, la rue de Paris est très prisée, la maison Payet inaugure un style architectural, en complément de la résidence principale, un magasin latéral est surmonté d’une terrasse couverte d’inspiration chinoise. Durant la première moitié du XIXème siècle dans la capitale, les résidences construites le long de la rue s’inspirent de la période coloniale, néoclassique (décor de moulures, losange, pilastres, entablement, façade écran...), Antique ou du courant Art Déco comme le salon arrondi de la maison Fanucci.

Rédigé le Mardi 10 Septembre 2019 à 07:00 | Lu 225 fois


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