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David HAUSS s’attaque au Grand Raid !


Vainqueur pour la 2ème fois consécutive du Trail de Bourbon, en 2018, en 16h15’44’, vainqueur de l’édition 2019 du Trail des anglais, le triathlète sait courir et il le prouve ! David Hauss qui a fait 4ème des JO de Londres en Triathlon s’est reconverti depuis dans le trail, avec succès, avec déjà un beau palmarès. En juin dernier, il participe à l’Ultra Trail du Mercantour 06 sur le 40km/ 2980m D+ et finis 1er en 4h57’05’. Il nous parle de sa passion et de sa préparation pour le Grand Raid 2019.


Parlez-nous de votre parcours en tant qu’athlète ?
Mon parcours de sportif a débuté à La Réunion, quand en 1990, j’ai commencé à nager à l’ASEC St Paul sur le front de mer, j’avais alors 6 ans. D’abord, pour améliorer mes qualités aquatiques et être plus à l aise dans la mer et les vagues. Puis, rapidement, les compétitions ont débutées et l’esprit de compétitions avec. Mon père écumait alors les spots windsurf mais aussi les triathlons locaux et nous le supportions en famille sur chaque course. J’ai découvert le triathlon comme ça, très jeune. J’ai participé à ma 1ère course en 1995 au «Triathlon pour Tous» du Chaudron. Plus tard, j’ai fait tous les Cross UNSS possible de la 6e à la 3e, ceux-ci furent un bel apprentissage de la compétition. Tout en continuant à nager, cette nouvelle discipline du Triathlon m’attirait toujours plus. Il a y eu beaucoup de course dans l’Est à Bras-Panon et St-Benoit. Elles étaient organisées à l’époque par Nicolas Avriama du Triathlon Club de l’Est. J’y ai fait mes armes et amélioré les automatismes de course. Il a beaucoup oeuvré pour nous les jeunes à cette époque, je l’en remercie et en profite pour le saluer ici. Plus tard, j’ai décidé de poursuivre mon rêve et grâce à de bons résultats, je suis parti en métropole pour le Sport Etude Triathlon en 1999, j’avais alors 15 ans. J’ai quitté ma famille, mes amis et La Réunion à la fin du Collège pour rejoindre l’Auvergne à Montluçon, année difficile mais ô combien formatrice pour la suite. Dès 2000, j’intégre le Pôle France de Boulouris dans le VAR et un climat bien plus propice pour un garçon des îles ! Je peux dire qu’ici ma vrai carrière d’athlète de haut niveau se lance, en franchissant les obstacles un par un et observant une progression régulière. J’intègre alors rapidement les Equipes de France grâce à des podiums sur les Championnats du Monde en 2002 et 2003. S’en est suivi beaucoup de sacrifices, d’entrainements et de temps pour intégrer les meilleurs de la discipline avec en 2012 l’aboutissement du rêve en participant pour la France aux JO de Londres de Triathlon avec une belle 4e place à la clé ou même mes doubles titres de champion d’Europe en 2015.

De triathlète à traileur il n’y a qu’un pas… comment êtes-vous passé d’une discipline à l’autre ?
Pendant cette carrière de triathlon, je participais régulièrement à des trails lors de mes périodes de préparation réunionnaise car cela me donnait une endurance musculaire intéressante et une gestion de course différente. Puis, en 2016 quand j’ai loupé la qualification des JO de RIO, j’étais saturépar ce sport et tous les sacrifices engendrés que j’ai voulu changer, pour m’essayer plus sérieusement au trail. Ainsi, être plus en phase avec ma philosophie de vie et retrouver une nature que j’aime tant et les montagnes. Je me suis naturellement tourné vers la course à pied d’endurance qui était ma discipline de prédilection. De là, il n’y a qu’un pas !

Comment vous êtes-vous préparé au Grand Raid ?
La préparation d’un Grand Raid est longue et souvent périlleuse, cela fait 5 ans que j’y pense mais j’ai voulu prendre mon temps pour arriver à me l’offrir. D’abord, la Mascareignes en 2015 et 2016 puis le Trail de Bourbon en 2017 - 2018 afin de gagner en expérience et de dompter la distance. J’ambitionnais 2020 pour ma 1ère participation mais cette année, tout s’est bien imbriqué pour être présent au départ de St Pierre le jeudi 17 Octobre. Ma préparation, elle, a commencée en Juin après un début de saison axé vitesse et course de courte distance. J’ai progressivement augmenté le volume de mes entrainements depuis 5 mois pour appréhender au mieux cette course de longue haleine et sans passer par Long Island, j’ai effectué des stages estivaux d’altitude à l’Alpe d’huez ou encore Davos en Suisse pour habituer mon corps, mes jambes et mon esprit à passer du temps en montagne, à gérer ce dénivelé répété.

Quels sont selon vous les qualités d’un bon traileur ?
Les qualités d’un bon traileur sont diverses. Je dirai que la qualité 1ère reste le mental avec une capacité à accepter la douleur qui doit être repoussée. On sort clairement de sa zone de confort, cela est dur, cela fait mal et même si les paysages sont magnifiques sous nos latitudes, les douleurs aux jambes apparaissent vite en descente ou le coeur tape très fort dans les montées raides. Une bonne condition physique est donc demandée, il faut être à la fois robuste, agile et fort pour s’en sortir. Bénéficier aussi de bonnes valeurs intrinsèques c’est à dire, avoir un bon moteur pour durer sur la longueur... La vitesse n’est pas la qualité 1ère demandée même si cela demeure un atout majeure pour accrocher les hauts de classements. Un traileur, qui plus est à La Réunion, doit donc être en bonne condition, avoir une bonne constitution de base pour amortir nos sentiers escarpés, aimer se dépasser, mais avant tout aimer être en pleine nature au contact des éléments, c’est primordial !

Quels conseils vous donneriez à de jeunes traileurs qui se lancent dans l’aventure ?
Le 1er conseil que je donnerai aux jeunes comme au moins jeunes serait de rêver en GRAND, de croire en son rêve en se persuadant qu’on y parviendra un jour ! C’est super important d’être guidé au quotidien par des croyances absolue, que rien ni personne ne peut entraver. De prendre son temps aussi dans la réalisation de ses buts et objectifs. Il est important de construire des bases solides en trail pour progresser dans le temps, franchir les étapes une à une... cela est vrai dans le sport mais dans la vie également !
Une autre chose aussi serait de toujours se confronter dès qu’on le peut, de s’exposer à un stress puissant ; une nouvelle rencontre, un déplacement périlleux, une situation nouvelle de vie... quelque chose qui met son corps au challenge... Notre zone de confort s’en voit repoussée, une adaptation se créer ainsi on s’améliore. On progresse naturellement vers un but souhaité.

Comment est-ce qu’on s’organise quand on a une famille ?
La vie d’athlète de haut niveau n’est pas de tout repos. Ce n’est plus le cas pour de moi, que de manger, m’entrainer, dormir comme ce fut le cas auparavant, car étant marié et avec 2 garçons de 5 et 2 ans, la vie ne s’arrête plus à la fin de l’entrainement. J’ai la chance d’avoir une femme qui a été elle-même athlète de haut niveau en Triathlon, rencontrée sur le circuit mondial et qui courrait pour la Suisse. Elle assure vraiment bien niveau organisationnel. Elle sait ce que sont les sacrifices à fournir quotidiennement pour un sportif à temps plein ! Nous vivons 8-9 mois de l’année en Suisse, dans sa région natale de l’Argovie et les 3-4 mois d’hiver à La Réunion, cela me permet de me ressourcer, retrouver ma famille, mes amis toujours présents ici et bénéficier de conditions d’entrainements parfaites. Tout est question d’organisation mais en Suisse, les mamans plus qu’en France, prennent le temps de garder leurs enfants car l’école ne commence qu’à 5 ans. Cela nous permet de trouver du temps en commun pour voyager et pour moi, optimiser mon temps d’entrainements. Cela dit, les enfants grandissent et il faudra bientôt se poser un peu plus.

Une passion en dehors du sport ?
J’aime beaucoup ne rien faire entre mes entrainements, rester au calme à me reposer, respirer, méditer... mais avec 2 petits garçons c’est de suite plus compliqué, alors je leur consacre du temps dès que je le peux à faire du VTT, nager, jouer au foot, dessiner, écouter de la musique, danser.... J’aime aussi prendre le temps de cuisiner, étudier les marchés financiers, lire des poésies mais ce que j’aime aussi beaucoup, c’est regarder le sport en live à la télé.

Quels sont vos projets pour 2020 ?
2020 approche à grand pas... nous resterons jusqu’à fin Novembre à La Réunion, histoire de participer à la 10e édition du Trail de Rodrigues début novembre et la 3e édition du SwimRun Réunion 2 semaines plus tard, pour ensuite aller faire une dernière compètition à Tahiti, puis retrouver l’Europe ensuite. Les projets commencent à émerger. Professionnellement militaire depuis 15 ans, je suis aujourd’hui rattaché au 6e Régiment de Génie d’Angers, alors promouvoir nos manifestations sportives ainsi que l’état de nos troupes avec mon bureau des sports demeure une priorité. Sportivement, j’aimerai, pourquoi pas, m’essayer sur un marathon, refaire un triathlon, je serai sur une nouvelle épreuve de trail d’une semaine qui s’appelle l’OUREA avec 250 km à faire en juillet, des courses dans les alpes de prévues et peut être regoûter aux joies du Grand raid dès 2020...affaire à suivre !

Rédigé le Mardi 15 Octobre 2019 à 00:25 | Lu 272 fois


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