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Evelyne Robert, Agricultrice à 100% !


Evelyne Robert est éleveuse de brebis et maraîchère sur le site du Piton Bleu à la Plaine des Cafres depuis une quinzaine d’années. Un métier passion qu’elle vit à 100% chaque jour sur les 15 hectares qu’elle exploite désormais mais aussi à travers ses différentes casquettes de Présidente de la commission des agricultrices au sein de la FDSEA et secrétaire adjointe du bureau de la Chambre d’Agriculture. Un engagement qui lui a valu de recevoir récemment le Prix Départemental du Mérite.


Pourquoi avoir décidé de vous lancer dans l’agriculture ?
Mon papa a toujours été maraîcher et mon mari que j’ai connu très jeune est un grand passionné du domaine agricole. Cependant au moment de mes études, j’avais la volonté de devenir assistante sociale. Par un concours de circonstance, je me suis retrouvée secrétaire dans une entreprise de BTP. J’y suis restée 8 ans. Parallèlement à cela, nous avons toujours eu la volonté de faire une petite activité agricole. Lorsqu’on a eu la proposition d’une location de terrain. J’ai demandé un congé individuel de formation au sein de mon entreprise afin de passer mon Brevet d’études professionnelles agricoles. C’est ainsi que j’ai pu faire mon installation agricole en 2004. Finalement, je crois que c’était mon destin.

Est-ce un métier qui vous correspond d’avantage ?
Oui, je ne regrette absolument pas mon choix. Je suis quelqu’un qui aime bouger. La routine ce n’est pas pour moi. Mais je ne regrette pas mon passé non plus car cela me sert beaucoup administrativement aujourd’hui. Je dois dire que cela a été une fierté de pouvoir construire ce que l’on a toujours voulu construire. Par mon intermédiaire, mon mari a pu mettre en place une activité agricole comme il l’a toujours souhaité. Aujourd’hui nous sommes heureux de travailler tous les deux sur notre exploitation même si le chemin pour y arriver nous a causé quelques soucis.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
Désormais, je peux dire que je fais un métier très enrichissant qui a forgé ma personnalité. Mon caractère et ma persévérance m’ont amenée à ma situation d’aujourd’hui. Mais je suis passée par de nombreuses étapes difficiles. La plus grosse difficulté pour moi a été de pouvoir trouver du foncier pour travailler. J’ai commencé avec deux hectares. J’avais une vache, une seule, « Mignonne ». Mon mari avait de l’expérience dans le bovin mais je n’avais pas les terres qu’il fallait pour mettre en place une activité bovine. Donc on s’est finalement orientés sur les moutons. Au fil des années, j’ai pu augmenter mon cheptel, j’ai aujourd’hui 46 brebis et une centaine de têtes en tout lorsqu’on compte les agneaux et les mâles reproducteurs. J’ai défriché des terrains à la main avec ma belle-mère au grand couteau car c’était difficilement mécanisable. Malheureusement lorsque les propriétaires voyaient leurs terrains mis en valeur, ils voulaient les récupérer. J’ai été confrontée à tout cela mais heureusement aujourd’hui, c’est derrière moi. Par l’intermédiaire de la SAFER, je vais pouvoir m’installer sur 10 hectares supplémentaires.

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de vous accrocher ?
Il y a d’abord ma personnalité. Je ne suis pas du genre à laisser les choses inachevées. Pour moi, il faut que les choses aboutissent. J’ai frappé à de nombreuses portes et je suis souvent tombée sur les bonnes personnes. J’ai rencontré le président de la FDSEA lors de la manifestation Miel Vert il y a quelques années, il m’a orientée vers des gens pour m’aider. C’est ainsi que j’ai mis le pied dans la FDSEA.

Vous êtes d’ailleurs désormais présidente de la commission féminine de cette fédération…
J’ai été élue présidente de la commission des agricultrices de la FDSEA il y a deux ans. C’est pour moi l’occasion de faire profiter de mon expérience aux autres agricultrices de La Réunion. Notre objectif est de promouvoir le monde agricole féminin. A La Réunion, il y a 20% des exploitations agricoles qui sont menées par des femmes. On travaille notamment sur la Journée Internationale de la femme rurale, le 15 octobre. On profite de cette journée pour mettre en valeur le métier d’agricultrice.

Vous avez récemment reçu le Prix Départemental du Mérite dans la Catégorie Agriculture et Forêt qui récompense les parcours d’exception, qu’est-ce que cela vous inspire ?
J’ai été surprise, d’autant qu’on m’a expliqué qu’à travers ce prix, la Collectivité souligne les efforts de personnes qui, par leurs actions, contribuent à faire avancer la société réunionnaise. C’est un honneur pour moi et pour mon mari également. C’est un combat que nous avons mené à deux.

Vous faites également partie de la nouvelle équipe élue à la Chambre d’Agriculture…
Effectivement, je suis secrétaire adjointe du nouveau bureau depuis le mois de février. Mon but est d’être proche du terrain, à l’écoute des agriculteurs pour faire remonter leurs doléances pour que l’équipe fasse le nécessaire. Nous voulons promouvoir au mieux le monde agricole et améliorer le quotidien de nos agriculteurs.

Quels sont vos projets désormais ?
Avec mon mari, nous souhaitons ouvrir les portes de notre exploitation au public avec un projet agro-touristique. Au fil des années, nous avons constitué une collection d’objets lontan en relation avec le monde agricole. Donc nous voulons proposer une visite de la ferme avec la découverte de ces objets en complément. Nous allons également profiter du fait que nous avons maintenant 10 hectares supplémentaires pour augmenter notre troupeau. Et puis nous souhaiterions commercialiser de la viande de mouton car pour l’instant je vends mes animaux sur pieds.

Et une participation à la célèbre émission « L’amour est dans le pré », cela ne vous tente pas ?
Pas du tout, j’ai trouvé mon âme soeur depuis longtemps (rires). Mais je regarde. D’autant plus que l’an dernier, il y avait Laetitia et Raoul que je connais bien à travers Miel Vert notamment. Le programme est un peu romancé mais cela permet de promouvoir le monde agricole, malgré tout. C’est important. On est au centre du monde. S’il n’y avait pas d’agriculteurs, que pourrions-nous mettre dans nos assiettes ?
 
Laetitia Parsi

Rédigé le Mardi 7 Mai 2019 à 00:13 | Lu 527 fois


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