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Ismael Aboudou


« Rien ne prédestinait un jeune Réunionnais d’origine comorienne à
arpenter les rues grouillantes de la ville de New-York, au début des années
80. Pourtant, son destin était déjà tout tracé vers une route connue de lui
seul… » c’est avec ces quelques mots qu’Ismaël Aboudou, connu notamment pour son centre
de danse et sa compagnie, introduit son livre, « un destin chorégraphié ». Nous sommes allés à sa rencontre afin d’en savoir plus.


PARLEZ-NOUS DE VOUS...
Je m’appelle Ismaël Aboudou, 59 ans, je suis Réunionnais d’origine comorienne et mahoraise. Avec mon épouse Sarah, nous tenons un centre artistique sur Saint-Denis. Je suis directeur du Centre et Compagnie Ismaël Aboudou depuis plus de 25 ans.
 
QUEL EST VOTRE PARCOURS ?
J’ai commencé la danse à 17 ans ce qui est considéré « tard » par rapport à la norme. C’était à l’époque où les battles dans les clubs étaient très tendance et c’est pour y aller que je sortais de chez moi le soir, malgré les interdictions de ma mère. Ensuite, je suis parti me former en métropole où j’ai obtenu mon Diplôme d’État. Après cela, j’ai enseigné un peu partout en Europe, sans réellement être totalement satisfait. C’est alors que j’ai pris la décision d’aller me former aux États-Unis. Je suis passé par les prestigieuses écoles Alvin Ailey et le Dance Theater of Harlem, qui sont réputés pour pousser les jeunes danseurs de couleur à développer leur potentiel. J’y suis resté quatre années puis j’ai obtenu mon Master qui m’a permis d’être embauché en Europe et en Amérique pour des postes très prisés. Une fois revenu à La Réunion, j’ai créé mon premier institut de danse et ma première compagnie. J’ai mis en scène une dizaine de créations dont « Crise » en 1997 et « Danse son couleur Danse son maloya » en 1999, qui sont toutes deux des pièces qui font parties du répertoire de notre actuelle compagnie junior de danse. Je pense qu’en tant que chorégraphe, il n’y a rien de plus émouvant que de voir ses créations se transmettre de génération en génération, de voir la qualité gestuelle, le style et la technique de ses pièces évoluer et s’améliorer pour s’adapter au corps de jeunes danseurs prometteurs.
 
QUAND ET POURQUOI AVEZVOUS EU ENVIE D’ÉCRIRE CE LIVRE ?
 
Dès le début de mon parcours en tant que jeune danseur qui voyageait beaucoup, j’ai pris l’habitude de consigner sur papier tout ce qui m’arrivait dans la vie. J’ai toujours eu l’idée qu’un jour je pourrais sortir un livre sur toutes mes aventures et mon expérience pour inspirer les jeunes d’une future génération. Mon parcours aux États-Unis m’a beaucoup ouvert à la littérature. L’ami qui m’a hébergé pendant des années est un littéraire et non seulement un grand passionné de littérature française mais aussi de littérature francophone d’Outre-Mer, mettant en valeur le métissage découlant d’un passé colonial. J’ai découvert des auteurs comme Toni Morrison, Maryse Condé, Raphaël Confiant.

COMMENT S’EST PASSÉ LA RÉDACTION DE VOTRE LIVRE ?
Comme je l’ai précédemment dit, j’ai écrit mon livre au fur et à mesure. Il a pris forme au fil des années, en partant de mes pensées et mes ressentis couchés sur papier en rentrant chez moi tard dans la nuit. Ensuite, à partir de ces écrits, j’ai pu faire un travail d’écriture avec une amie, universitaire, pour clarifier mes idées et organiser mon livre. J’ai la chance d’avoir ma fille à mes côtés pour mon second livre, qui m’aide au niveau des syntaxes ou de la grammaire. C’est un exercice assez complexe pour elle mais elle est prête à relever le challenge pour qu’on puisse sortir un livre dont nous pouvons être fier.
 
LE LIVRE PARAIT AUX EDITIONS BAUDELAIRE, EST-CE QUE CELA A ÉTÉ SIMPLE DE TROUVER UN ÉDITEUR... RACONTEZ-NOUS…
Pour trouver un éditeur, j’ai du envoyer mon manuscrit à une dizaine de maisons d’éditions, ensuite ça a été une histoire de timing. J’ai eu beaucoup de retours positifs de la majorité des maisons d’éditions mais au final, j’ai choisi parmi celles qui ont répondu au plus vite. N’étant pas un grand connaisseur des maisons d’éditions françaises, j’ai préféré suivre mon instinct et ça a fini par ne pas être si difficile. J’ai choisi les Éditions Baudelaire car je pensais à Charles Baudelaire qui est un poète assez connu et que dans mon livre, j’inclus beaucoup de poésie. J’ai pensé que ça pouvait être un clin d’oeil intéressant.
 
ISMAËL ABOUDOU, VOUS AVEZ PRIS GOÛT À L’ÉCRITURE, AVEZVOUS POUR PROJET D’ÉCRIRE D’AUTRES LIVRES OU RETOUR À VOTRE PREMIER AMOUR LA DANSE ?
J’ai clairement pris goût à écrire, mais il est vrai que c’est quand même un exercice qui demande énormément de temps, il faut le dire. Néanmoins, je ne compte pas délaisser l’écriture, sachant que je suis en pleine rédaction de mon prochain ouvrage qui compte dans les 400 pages et je projette aussi d’écrire pour divers publics à l’avenir. J’ai pour plan de concilier ma passion et l’écriture, j’ai plusieurs projets en tête qui incluent à la fois l’écriture et la danse. Je pense aussi à une continuité cinématographique pour mon livre, mais bon, ce n’est qu’une idée pour l’instant. En plus de tout ça, au niveau danse je suis sur un gros projet de centre habilité pour que les jeunes de l’Océan Indien puissent passer leur DE à La Réunion. Au niveau création, je réfléchis déjà à de nouvelles pièces où j’explorerai les thèmes de la famille et des études supérieures sur notre île. Créations sur le thème parentalité et jeunes universités qui débarque à La réunion.

Rédigé le Lundi 21 Septembre 2020 à 16:00 | Lu 246 fois


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