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LE CRI DE WILHELM


Vous ne connaissez peut-être pas son nom, et pourtant, vous l’avez forcément entendu au moins une fois, et probablement bien plus : utilisé depuis le début des années 50 au cinéma, le cri de Wilhelm est le plus célèbre des gimmicks sonores. Un son pas comme les autres, qui a su se faire une place dans le vaste univers de la pop culture, et bien plus encore.


Le cri de Sheb Wooley

En 1951, l’acteur américain Sheb Wooley tient un rôle de figuration dans le film de Raoul Walsh Les aventures du capitaine Wyatt. Pour sa prestation pourtant remarquée, cet habitué des westerns, qui a connu son heure de gloire dans la série Rawhide avant de se lancer dans la musique, n’est même pas crédité… et pourtant, Sheb Wooley va participer sans le savoir à créer l’un des running gags les plus récurrents de l’histoire du cinéma sonore.
Car Sheb Wooley est à l’origine du fameux cri Wilhelm, un hurlement caractéristique que vous avez forcément déjà entendu, peut-être sans le savoir, dans une importante quantité de films. Et pour en arriver là, le hurlement a déjà eu un démarrage caractéristique : dans Les aventures du capitaine Wyatt, le soldat joué par Sheb Wooley se fait dévorer par un alligator alors qu’il traverse une rivière en compagnie des personnages joués par Gary Cooper et Mari Aldon.
Mais si la scène est réussie, la prise de son, elle, l’est moins. C’est donc en studio, après le tournage, qu’une série de cris est enregistrée par les acteurs pour être apposée ensuite sur les images lors du montage sonore. Une pratique très courante à l’époque, qui est, d’ailleurs, encore largement utilisée aujourd’hui.
En studio, la consigne est simple : il faut « le cri d’un homme se faisant dévorer par un alligator ». En tout, 6 prises sont effectuées. La cinquième est gardée pour la scène en question, les autres serviront plus loin dans le film. Les hurlements rejoignent la collection sonore de la Warner, qui laisse la possibilité aux monteurs son d’y puiser si besoin est.

 

Le génie Ben Burtt

Dans les années 70, Internet n’existe pas encore, et à moins d’être un cinéphile très assidu, difficile de remarquer le phénomène.
Et justement, c’est là qu’intervient Ben Burtt, à l’époque étudiant en cinéma à l’Université de Californie du Sud. Fasciné par les effets sonores, le jeune homme remarque que le cri revient dans de nombreux films. C’est à ce moment-là que le fameux hurlement va prendre le nom de « cri Wilhelm », en référence au soldat Wilhelm qui se prend une flèche dans la jambe dans le western La Charge sur la rivière rouge, sorti en 1953.
Alors qu’il se destinait à la production cinématographique, Ben Burtt se réoriente bien vite vers le design sonore. En 1977, Burtt est embauché par un jeune réalisateur barbu portant le nom de George Lucas, qui s’apprête à tourner un film de science-fiction nommé Star Wars. Il a besoin d’une nouvelle approche sonore pour imposer son univers, et Ben Burtt devient l’homme de la situation.
Et si Ben Burtt va effectivement contribuer très largement à la conception de l’univers sonore de la saga, il va également lancer une mode surprenante : celle consistant à placer le cri Wilhelm de la manière la plus cohérente et nonchalante possible dans un environnement sonore, quel qu’il soit. À commencer par la première trilogie Star Wars, qui devient un terrain de jeu pour le designer sonore.
On retrouve le cri dans tous les films sur lesquels va travailler Ben Burtt pendant plusieurs décennies, incluant notamment Willow et la saga Indiana Jones.

Un cri ancré dans la Pop Culture

Des années 50 à nos jours, le cri Wilhelm a été recensé des centaines de fois au cinéma. Certains cinéphiles mordus du phénomène ont plusieurs fois cherché à cataloguer tous les films dans lesquels on peut l’entendre : on trouve, sur Internet, de nombreuses listes allant dans ce sens, comme de le Hollywood lost and found qui recense 217 films et épisodes de séries,
S’il a été popularisé au coeur de la pop culture, le cri Wilhelm semble désormais appartenir à tous, même s’il interpelle encore aujourd’hui, surtout les plus connaisseurs. Mais Internet étant passé par là, il existe désormais de multiples compilations qui permettent de se faire une idée de son étendue dans une sphère multimédia de plus en plus vaste.
 
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Rédigé le Mercredi 10 Juillet 2019 à 07:00 | Lu 151 fois


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