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LE MALOYA DAN' KOR, DAN' KER


Inscrit depuis le 1er octobre 2009 au patrimoine culturel et immatériel de l’humanité de l’Unesco, le maloya mêle à la fois chant, musique et danse. Pratiqué par les esclaves et les engagés, il s’est nourri des influences malgaches, africaines, indiennes et européennes.


En misouk
Les Malgaches vouaient un culte aux ancêtres, les Africains ont apporté les instruments et les danses. Les esclaves se rassemblaient la nuit dans leurs camps pour se raconter leurs peines, s’avouer leurs peurs, se raconter des histoires, partager leurs coutumes, se battre, pleurer, chanter et danser. La fusion de cette souffrance mutuelle a donné naissance au maloya. Puisque le maloya a été depuis 1665 la voix et le son accompagnant la révolte des « quivis », il sera interdit jusque dans les années 1980 à La Réunion.

Sacré et profane
Pour rendre hommage aux ancêtres, le maloya entre dans le domaine du sacré. Pour le culte dans les boucans, les kabary, le service kabaré, le maloya accompagne les chants incantatoires pour entrer en connexion avec les ancêtres.
Chanté par Gramoun Sello, Firmin Viry ou encore Danyèl Waro le maloya traditionnel est caractérisé par un échange de paroles entre le soliste et le choeur. Dans « Valet valet » Firmin Viry commence ainsi « Valet valet prête moi ton fizi » et le choeur répond « Voilà l’oiseau prêt à voler » et ce dialogue continue tout le long de ce maloya légendaire. Ce chant responsoriel se retrouve dans « Adékalom » de Danyèl Waro, le choeur répète les paroles du chanteur pour illustrer le combat pour les frères Adékalom marqué par la répétition de leur nom « Adékalom, Adékalom, Adékalom paye pa », le choeur prolonge « Adékalom, Adékalom, Adékalom paye pa lamende la ». Le maloya se nourrit à la fois de révolte et de poésie comme dans « Banm kalou banm » lorsque Danyèl Waro raconte l’esclavage « Lo san la kayé dési nout pasé, boubou la poussé la penkor pété ». Le maloya puise dans l’histoire, la révolte, le combat pour mettre en valeur et revendiquer l’identité réunionnaise mais aussi rappeler les origines comme le groupe Lindigo qui mêle langue réunionnaise et langue malgache dans ses maloyas « Bondie anou », « Lafrikindmada », « Buffalony », « Alotika »...

Bobre, kayanm, roulèr
Les instruments de musiques traditionnels sont fabriqués à partir de matières naturelles, le bobre est fait à partir d’une calebasse séchée et évidée qui sert de résonateur, agrémenté d’un arc fait d’une corde et d’une baguette (tikouti) équipée d’un petit hochet pour produire un son creux proche du berimbau joué au Brésil. Cet instrument est présent en Afrique et dans toutes les îles de l’océan Indien.
Le roulèr à la forme d’un tonneau qui repose sur un socle que le musicien chevauche pour taper sur une peau d’animal séchée et tendue, il produit le son le plus grave du maloya.
Le kayanm est réalisé à partir de tiges creuses assemblées entre elles et remplies de graines de kaskavel. Il produit le son de la pluie, des vagues et du vent mais aussi un son énergique quand le musicien secoue avec ses deux mains dans un mouvement saccadé légèrement incliné en avant.
Le sati, une tôle plane placée sur un support fixe produit un son aigu et puissant. Le pikèr est un tronçon de bambou qui repose sur un support horizontalement, à l’aide de deux baguettes en bois, le musicien rythme le maloya sur ces deux instruments au son du roulèr.

Rédigé le Mercredi 18 Décembre 2019 à 08:43 | Lu 496 fois


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