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Lavage des masques y a-t-il des alternatives fiables à un passage en machine ?


La généralisation des masques interroge sur la manière de procéder au lavage des modèles grand public en tissu. Nombreux sont ceux qui souhaiteraient éviter de multiplier les machines, mais la majorité des techniques alternatives sont fortement déconseillées ou inefficaces.


Obligatoire dans les transports et toujours recommandé à l’extérieur de son domicile, le masque suscite de nombreuses interrogations. Si les recommandations pour les modèles en tissu réutilisables mettent en avant l’importance d’un lavage en ma- chine à 60 degrés pendant au moins trente minutes, cette méthode ne fait pas l’unanimité.
Vous êtes nombreux à vous poser la question sur des méthodes de lavage et de désinfection alternatives, jugées moins contraignantes que des pas- sages en machine. Ces solutions, parfois assez originales, ne sont mal- heureusement que très peu efficaces de l’avis des spécialistes. Découvrez les principales idées passées en revue.
Un séjour au congélateur
De toutes les méthodes envisagées, il s’agit sans doute de l’une des moins utiles. Les virus, s’ils sont sensibles à la chaleur, peuvent en effet résister au froid. « La congélation, c’est même la manière dont ils sont conservés par les scientifiques pour être étudiés », tranche Bruno Grand- bastien, président de la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H). Une méthode qui est donc totale- ment à proscrire.
Faire bouillir un masque dans une casserole
Cette idée, selon le spécialiste, n’est pas forcément à exclure. « Ça pour- rait marcher », mais encore faut-il que les masques puissent « résister à des températures de 90 degrés ou plus pendant une durée assez longue ». Seuls certains tissus tolèrent en effet de telles chaleurs, à l’instar de cotons très denses. Le risque est également d’endommager les élastiques.
Bruno Grandbastien précise qu’avec cette méthode, comme avec toutes les autres, il est important de ne pas juger uniquement l’efficacité théorique, mais de la coupler avec une mesure du temps de contact elle aus- si très importante. Plonger quelques instants seulement dans l’eau bouillante un masque ne sera ainsi pas suffisant. Une recommandation qui s’applique tout autant pour les pas- sages en machine.
Utiliser la vapeur pour détruire le virus
Plusieurs des méthodes suggérées par les internautes reviennent à utiliser la vapeur. Certains proposent en effet de fixer le masque en suspension au-dessus d’une casserole d’eau 
bouillante. Une idée qui n’enchante guère les spécialistes : « Il est difficile de contrôler la température et le niveau d’humidité auquel on expose le masque », ont ainsi confié des experts à l’AFP, précisant que pour être véritablement efficace, cette vapeur aurait besoin d’être « sursaturée, c’est-à-dire sous pression, comme dans une cocotte-minute ». Difficile à obtenir à la maison, sans parler des risques de brûlures...
Pour Bruno Grandbastien, il faudrait par ailleurs pouvoir s’assurer que toutes les faces du masque auraient été exposées de manière uniforme, ce qui reste compliqué à vérifier. L’utilisation d’un cuit vapeur (pré- sent dans de nombreuses cuisines), séduisante sur le papier car per- mettant une exposition à une forte chaleur, pose quant à elle d’autres problèmes : « Comme pour un micro-ondes, cela suppose de placer un masque potentiellement contaminé dans un appareil qui a vocation à accueillir ensuite de la nourriture... » Délicat, donc, de le recommander.
Quelques minutes au micro-ondes
Outre le fait d’utiliser un appareil en lien direct avec les aliments que nous consommons, le micro-ondes peut poser des problèmes notables. Dans de nombreux masques, un fin renfort métallique est en effet ajouté afin de renforcer la rigidité. Le risque d’accident domestique est alors bien réel et un départ de flamme n’est pas à exclure. À oublier.
Le passage dans un four classique
Plusieurs équipes de chercheurs ont travaillé sur l’hypothèse de placer un masque dans un four, à une tempé-rature de 70 degrés. Ils suggèrent que le laisser trente minutes se révélerait efficace. Problème : les fours dont nous disposons à la maison ne sont pas ceux utilisés pour des tests en laboratoire, et ils font courir d’importants risques d’accidents domestiques, notamment à cause des résistances. Énergivores et pas plus rapides que des machines à laver, les fours traditionnels ne représentent pas une option viable.

Rédigé le Dimanche 31 Mai 2020 à 18:02 | Lu 272 fois


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