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Le Nouvel An Tamoul : Entre religion et tradition


Moment de recueillement religieux, le Nouvel an tamoul est depuis 30 ans un événement qui se célèbre également en dehors des temples et s’inscrit pleinement dans la culture réunionnaise. Retour sur la composante cultuelle et la symbolique culturelle d’un événement qui a su devenir un moment de partage dans toute l’île.


Le Nouvel an tamoul, c’est avant tout un moment de spiritualité forte. Lors de cette journée importante, l’hindouïste, se réveille tôt, s’habille de vêtments neufs et va prier au temple ou devant l’autel familial. Le matin se passe généralement en famille : on se retrouve en fratrie autour de pâtisseries, on se souhaite les voeux, on s’allonge aux pieds des anciens pour leur demander leur bénédiction. Pour le chef de famille, c’est l’occasion de faire le bilan, de faire le point sur les choses qui inquiètent la famille ; c’est l’occasion de réfléchir à la manière de se réconcilier avec des personnes avec qui on est fâchés, pour améliorer les relations pour l’année qui vient.
L’après-midi, on peut s’adonner à ses loisirs, aller au cinéma ou au spectacle...
Cette année, les festivités du Nouvel an tamoul coïncident avec les 30 ans de Tamij Sangam, comme nous le rappelle Selvam Chanemougame, son président. Créée fin 1989, l’association qui promeut la culture tamoule à La Réunion est à l’initiative de la reconnaissance de l’événement comme ayant pleinement sa place dans la société créole.
A l’époque, jeune médecin, M. Chanemougame rejoint l’association Tamij Sangam, fondée par Claude Moutouallaguin. Les membres de l’association se lancent le challenge de convaincre la ville de Saint-Denis d’organiser un grand événement public pour saluer le passage au Nouvel an tamoul.
“ L’idée était de faire du Nouvel an une date importante du calendrier culturel de La Réunion.
Auparavant, c’est l’aspect cultuel qui était privilégié. Le défi, c’était d’élargir la conception qu’on en avait vers une vision plus globale et qui concerne toute la société réunionnaise. ”

Un premier défilé en avril 90
Pari réussi : quelques mois seulement après ses débuts, Tamij Sangam réussit à rassembler les Réunionnais et pas seulement les tamouls, autour d’un moment festif : entre 5 000 et 6 000 personnes dans l’une des rues les plus représentatives de l’île.
“ Personne n’était préparé à ce genre de manifestation. Quand j’ai vu la procession avancer au rythme des tambours le long de la rue de Paris, j’avoue avoir été impressionné. Tout le travail que nous avions accompli auprès des associations de danse et de spectacle, mais aussi des autorités, pour surmonter les réticences (y compris en interne) portait ses fruits ! ”
En octobre 1990, Tamij Sangam organise le premier défilé du Dipavali à Saint-André. Et les années suivantes, d’autres villes que Saint-Denis fêteront le Nouvel an tamoul : Saint-Pierre, Saint-Paul...
L’association milite depuis pour instituer le 14 avril comme jour férié, une date qu’elle estime essentielle pour le peuple réunionnais au même titre que le 20 décembre. Le combat continue.
 
Jérôme Hoarau

Rédigé le Mardi 9 Avril 2019 à 07:00 | Lu 301 fois


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