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SOPHIE GASTRIN : « En tant que femme, il faut se battre et croire en ses rêves »


14 ans après avoir quitté son île, Sophie Gastrin, est de retour sur Réunion 1ère aux rênes du JT. Femme passionnée à la belle carrière, c’est plus aguerrie et enrichie par son expérience qu’elle nous est revenue. Rencontre.


Pourquoi avoir choisi le journalisme, qu’est-ce-qui vous plait dans ce métier ?
J’aime les gens, les rencontres et je suis de nature curieuse. Je pense que depuis petite je rêvais d’en faire mon métier. C’est une vocation, c’est ma passion et ce qui me plait c’est que chaque journée ne ressemble pas à la veille.

Pourquoi avoir choisi de quitter l’île, il y a 15 ans de cela ?
J’avais ce besoin de partir, de voir ce que je valais, et j’ai aimé voir comment ça se passe ailleurs même si ça n’est pas simple de partir, de laisser ses proches. J’ai fais 4 ans à Tahiti, où le fonctionnement n’est pas le même et mes années à Paris m’ont beaucoup appris, c’est une toute autre méthode de travail. L’exigence est quotidienne et doit être maintenue. Mais en quittant mon île je savais que j’allais revenir. Ces expériences m’ont permis de m’enrichir, je suis comme une éponge, je m’imprègne de tout et je ne prends que le meilleur.

Comment avez-vous été accueillie ?
Avec un peu de curiosité et beaucoup de bienveillance. À Tahiti, les gens sont très gentils, la culture est différente d’ici, ils sont calmes, zen et prennent le temps. Ils ont une façon différente de travailler sur le journal qui est en français et en tahitien. J’ai pu d’ailleurs apprendre leur belle langue, même si j’avais des difficultés à la parler. À Paris j’ai également été bien accueillie, cependant je n’étais pas en terrain conquis. Ça fait du bien à l’égo car il faut montrer ce que l’on est capable de faire, il y a toujours cette période un peu test, où l’on est évalué, puis une fois que l’on prend ses marques, ça roule.

D’où vous est venue cette décision de revenir à La Réunion ?
La proposition de Gora Patel est arrivée à un moment où j’avais envie de rentrer. Pendant 15 ans, j’ai beaucoup voyagé et appris, c’était le moment de recréer ce lien avec ma maman, ma famille, et aussi l’équipe avec laquelle j’ai travaillé à mes débuts. J’avais envie de revenir dans ma maison première et c’est tombé au bon moment.

Comment vous êtes-vous sentie en reprenant les rênes du JT, 14 ans plus tard ?
Je dirais que c’est comme faire du vélo !

Vous avez écrit un livre « Cuisine de l’île de La Réunion », pourquoi ce thème ? D’autres projets dans ce domaine ?
Ce livre a été une parenthèse, comme une récréation. À France 2 je me réveillais à 3 heures pour Télématin. Ça n’est pas très naturel de se réveiller à chaque fois en pleine nuit, alors, de pouvoir écrire à été une bouffée d’oxygène. J’aime écrire, j’aime mon île et j’aime manger ! Le sujet s’est donc imposé de lui même. Aussi, quand il y avait des salons ou soirées à Paris, je remarquais que l’on se faisait piquer notre rougail saucisses par les Antillais, en plus, il était souvent mal réalisé, d’où aussi le souhait de faire ce livre avec ces personnalités qui avaient de jolies histoires à raconter. J’ai plein d’autres projets dans l’écriture, et je le fais toujours à côté de mon travail, ça me fait du bien. J’aime et je suis en admiration devant les personnes avec de beaux parcours, qui ont de belles histoires à raconter.

Pensez-vous, aujourd’hui, qu’il y a encore des barrières pour une femme qui veut évoluer dans le milieu des médias ?
Je pense qu’il y a toujours ce plafond de verre, bien qu’il y ait une volonté de mettre à l’antenne des femmes et de la diversité. En tant que femme, on doit prouver encore plus ce que l’on sait faire. Nous avons une sensibilité, en tant que mère par exemple, nous allons être plus compréhensives sur certaines choses et cela peut nous jouer des tours car on nous propose moins de postes à responsabilités. Je pense que ça ne devrait plus être le cas, nous ne devrions pas avoir à prouver que nous sommes capables de faire. Paradoxalement, en école de journalisme, il y a énormément de filles, mais les journalistes reconnus, sur le terrain de gros événements sont des hommes. Mais il y a des femmes comme Mémona Hintermann qui prouve que tout est possible. Nos mères se sont battues et nous devons nous battre encore un peu pour la génération qui arrive.

Votre conseil aux femmes pour réussir professionnellement :
En tant que femme, il faut se battre et croire en ses rêves. Rien n’est insurmontable ! Il faut travailler dure et le travail va payer. Il ne faut pas hésiter à partir aussi, à s’enrichir, voir ce qu’il se passe ailleurs pour ensuite partager sa richesse.

Ce qui vous avez le plus manqué à La Réunion :
Les bons petits plats de ma maman ! Et les odeurs et couleurs de mon île.

Votre plat préféré :
Le rougail morue … de ma maman bien-sûre, qui s’appelle Monique.

La première chose que vous avez faites en rentrant sur l’île :
J’avais la chance de pouvoir venir régulièrement et je mesurais cette chance de pouvoir rentrer 3 à 4 fois par an. La première chose que je faisais, je regardais la montagne en sortant de l’aéroport, et je me disais que mon île est belle. Ensuite la première chose que je faisais toujours et que j’ai faite à mon retour l’année dernière est d’aller dans la mer me baigner.

Votre passion :
J’aime lire, j’aime aller au cinéma… ces choses qui me font voyager, qui me transportent, qui me donnent de l’émotion, qui me font pleurer, rire ou peur parfois, comme avec un bon roman de Stephen King.

L’album que vous écoutez en boucle en ce moment :
Bruno Mars, j’aime beaucoup ce qu’il fait, j’ai eu la chance de le voir en concert et c’est un vrai artiste

La personne que vous rêveriez d’interviewer :
Michelle Obama

Le matin vous ne sortez jamais de chez vous sans…
Rouge à lèvres ! J’ai une maman qui est très coquette, elle est toujours impeccable. Elle disait souvent que quand on a des soucis, le fait d’être apprêtée nous donne un peu plus le moral. Un petit peu de gloss ou rouge à lèvres, ça donne un peu de couleur sur le visage, ça n’efface pas les problèmes c’est sûr, mais on a l’impression d’aller mieux.

Ce qui vous a donné le pire fou rire à l’antenne :
Alors, heureusement je n’ai pas encore vraiment eu de gros fou rire incontrôlable à l’antenne, mais j’ai déjà eu ici, un Thierry Jardinot derrière la caméra qui fait tout pour me déconcentrer et il m’est arrivé la même chose avec Thierry Beccaro qui est un vrai clown. C’est un peu délicat quand on parle de choses sérieuses ! Mais jusqu’à maintenant j’ai réussi à me contrôler.

Le meilleur conseil que l’on vous ait donné :
Travaille… chaque jour… et même aujourd’hui. J’ai eu la chance de côtoyer des gens que j’admirais à France 2, et quand j’ai basculé en rédaction en chef, en hiérarchie, j’étais celle qui pouvait leur demander de faire ci ou ça. Ces gens là, ces grands professionnels, d’une humilité totale, mettent leur savoir faire à l’antenne, me demandait toujours de leur dire si leur travail était bon ou pas. Rien n’est jamais parfait, demain on va essayer de faire encore mieux que la veille, cette humilité là, c’est une grande leçon. Chaque jour j’apprends et j’aime bien apprendre de gens que j’admire.
 
Emilie Grondin

Rédigé le Lundi 4 Mars 2019 à 12:13 | Lu 258 fois


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