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Sécurité Routière


« L’alcool est le premier fléau de la délinquance autoroutière à La Réunion »
À La Réunion, la mise en oeuvre stratégique de la politique départementale de sécurité routière est confiée à Véronique Beuve, sous-préfète de l’arrondissement de Saint-Benoît, en qualité de cheffe de projet sécurité routière. Pour Télémag+, Véronique Beuve dresse un bilan de sa première année dans l’île.



 

Véronique Beuves, sous-préfète de Saint-Benoît, Cheffe de la sécurité routière départementale
Véronique Beuves, sous-préfète de Saint-Benoît, Cheffe de la sécurité routière départementale
Quel a été votre premier bilan lors de votre prise de fonction ?
A la fin du mois d’août 2018, le bilan physique était de 400 accidents corporels enregistrés causant la mort de 32 personnes et l’hospitalisation de 209 blessés sur 496. Je reprenais une dynamique forte de lutte contre une délinquance prégnante et je m’inscrivais dans la continuité mais aussi dans le développement d’actions nouvelles et novatrices, avec des partenariats renforcés au profit de cette politique publique majeure pour le territoire.

Quels sont les plus grands fléaux en termes de sécurité routière à La Réunion ?
La nature de l’accidentologie à La Réunion est spécifique avec une prégnance des facteurs comportementaux. L’alcool, l’usage de stupéfiants et la vitesse sont présents dans plus d’un tiers des accidents mortels. L’alcool au volant demeure un facteur à forte déterminance qui représente encore plus d’un tiers de la mortalité routière (36% en 2018). De plus, malgré la hausse qualitative du nombre des contrôles des forces de l’ordre (contrôles coordonnés), certains usagers n’hésitent pas à prendre le volant avec une alcoolémie supérieure à la réglementation en vigueur. Par ailleurs, 1/3 des tués sur la route sont des piétons. La circulation irrégulière des piétons alcoolisés sur la chaussée est une problématique récurrente dans le département. Enfin, certaines spécificités réunionnaises doivent être relevées: le phénomène de «pousse» et le phénomène de «rodéo» couplé avec l’utilisation de deux-roues motorisés débridés et le non-port du casque.

Comment sensibilisez-vous les usagers pour améliorer la sécurité routière ?
La volonté de faire diminuer l’accidentologie à La Réunion implique la mise en oeuvre d’un plan départemental de sécurité routière (PDASR) financé selon le principe suivant: État, conseil départemental et conseil régional, les deux collectivités montrant au fil des années leur forte implication dans la lutte contre l’insécurité routière à La Réunion. D’autres financeurs privés abondent la dotation de la coordination. Ainsi nous pouvons notamment mettre en place des actions de sensibilisation de prévention telles que les campagnes diverses au cinéma ou encore les affichages à l’arrière de bus, la distribution d’éthylotests sur divers points de l’île en fin d’année (plage, marchés forain, aires de pique-nique)… Nous soutenons également une opération de sensibilisation en partenariat avec l’éducation nationale avec la volonté de parvenir à inculquer, au plus grand nombre d’enfants scolarisés ou de jeunes, les « fondamentaux » en matière de sécurité routière. Par exemple : 15 000 enfants de CE2 passent chaque année leur « permis piéton ». Un « permis cyclo » est d’ailleurs en réflexion pour le collège/lycée.

Quelles sont les prochaines actions préventives qui seront menées dans l’île ?
Nous prévoyons la continuité de la mise en oeuvre des actions de sensibilisations et d’éducation du plan départemental de sécurité routière 2019, ainsi que le lancement de la campagne de l’appel d’offre du PDASR 2020. Aussi, nous organisons des Journée rencontres de la sécurité intérieure le 12 octobre sous forme de village de la sécurité routière à Saint-Denis. Il y aura également une campagne sur le thème de la lutte contre la consommation d’alcool par les usagers de la route pour les fêtes de fin d’année. Nous continuerons à soutenir les actions de répression avec une « tolérance zéro » afin de faire diminuer le nombre d’accidents et d’accidents mortels. En effet, le nombre de permis de conduire suspendus chaque semaine permet d’éviter sans aucun doute des accidents mortels! En résumé il faut répéter (la répétition est la mère de la pédagogie!) et maintenir dans la durée les actions de la sécurité routière afin de combattre, à la racine, les comportements transgressifs par: l’éducation, la sensibilisation, la communication, les contrôles et la répression.
 
Laetitia Parsi

Les derniers chiffres à La Réunion (situation fin août 2019)

23 personnes ont perdu la vie sur les routes du département, soit moins de 9 tués par rapport à 2018.
Répartition des tués :
• 12 piétons
• 1 vélo
• 3 cyclomotoristes
• 3 motocyclistes
• 4 véhicules légers
 
En revanche, le nombre d’accidents corporels et de blessés a augmenté, ce qui montre une dégradation du comportement des usagers !

Rédigé le Mardi 17 Septembre 2019 à 09:12 | Lu 212 fois


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