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Cédric Daly, un jeune entrepreneur qui valorise la tradition culinaire


Travailler dans le secteur de la production locale a toujours été une évidence pour Cédric Daly, originaire de la Saline les Hauts, à la tête de Tradition 974, qui commercialise la marque « Oté gran mèr ! ». Nous l’avons rencontré, il nous parle de son parcours et de son engagement pour la Production Locale.


T.M+ : QUEL EST VOTRE PARCOURS PROFESSIONNEL ?

C.D : J’ai une formation commerciale à l’origine, je travaillai en alternance dans une activité similaire à celle que j’ai aujourd’hui. En 2014, je décide de me lancer et de créer ma propre société. Travailler dans le secteur de la production locale était une évidence, c’est tout le fil conducteur de ce projet. Au début je me lance seul mais heureusement avec le soutien et l’aide de la famille. Au bout d’un an, quand l’entreprise a eu un peu d’historique je me suis tourné vers des aides proposées par l’Adie, Reunion Entreprendre... je crois que j’ai sollicité tous les organismes qui pouvaient nous aider en terme de financement. Aujourd’hui Tradition 974 c’est 7 salariés, Ti roulé 5 et Chou & chou 1. On est parti d’un atelier de 15M2 chez mes parents à 70M2 à St Gilles les Hauts. Fin de l’année dernière nous avons investi dans un atelier de 200M2 grâce au financement Feader sur la région de Trois-Bassins. Avec nos partenaires bancaires qui nous suivent on joue la transparence. En terme d’investissement c’est conséquent, même si cela reste de l’artisanat.
 
T.M+ : PARLEZ-NOUS DE TRADITION 974...

C.D : À la base, j’ai commencé par reprendre la recette de massalé de ma mémé, vendue dans les cérémonies religieuses sur St-Paul. Grâce à la transmission de son savoir nous avons proposé ce produit à la vente chez les primeurs, jardineries puis nous avons développé notre gamme et nous avons pu distribuer dans la grande distribution notamment dans les magasins Leclerc. C’est un produit de qualité avec une connotation 100% réunionnaise. Nous sommes venus palier au manque de produits artisanaux vendus en grande distribution. Cela représente 60 produits. On propose de la pâte piment, en passant par les confitures rougails, achards, sirops, préparation pour rhum arrangé et rhum arrangé et prochainement nous allons pro- poser des confiseries (pâté de fruit, pralines...) sur nos 80 points de vente. Carrefour nous a ouvert ses portes en début d’année donc nous sommes présents sur la quasi-totalité des points de vente de la grande distribution à La Réunion.
 

T.M+ : COMMENT EST NÉE LA MARQUE OTÉ GRAN MÈR ! ?

C.D : C’est en référence à ma grand-mère. En 2017, je souhaitai référencer mes produits en métropole, dans des magasins en Normandie. Nous avons alors fait du benchmark avec une agence de communication, pour savoir si « Tradition 974 » parlait aux gens et finalement il s’est avéré que cela avait une connotation péjorative. Alors, utiliser l’histoire originelle de
nos produits était une évidence, tout est partie de la recette de ma grand- mère, alors c’est comme cela qu’est né la marque « Oté gran mèr ! ».
 
T.M+ : VOUS VOUS ÊTES ASSOCIÉ RÉCEMMENT POUR LANCER L’ENTREPRISE CHOU & CHOU, VOUS POUVEZ NOUS EN DIRE PLUS ?
C.D : Chou & Chou est né d’un besoin de CHR de légumes sous vide. Je me suis associé à un ami et nous proposons dans notre atelier de St Gilles les Hauts, des légumes sous vide comme le chouchou, carotte, légumes pour achard, shop suey, tout cela en fonction des saisonnalités. C’est du 100% local mais il nous arrive de nous tourner vers de la carotte d’importation, par exemple, quand celle-ci vient à manquer chez nous. Nous allons ouvrir prochainement notre gamme aux particuliers.
 
T.M+ : VOUS AVEZ ÉGALEMENT REPRIS L’ENTREPRISE « TI ROULÉ », POURQUOI ?

C.D : En fait c’est par hasard. David Blard, un ami, a créé Ti Roulé en 2014 et à l’époque je lui avais donné un coup de main pour qu’il puisse s’installer dans les galeries marchandes des grandes surfaces. Avec le Covid, il risquait de mettre la clé sous la porte, alors je lui ai pro- posé de s’associer en injectant des sous. David Blard reste actionnaire salarié et nous faisons le nécessaire pour que l’entreprise tienne la barre.
 
TM+ : PRODUIRE ET CONSOMMER LOCAL POUR VOUS C’EST PRIMORDIAL... POURQUOI ?

C.D : Déjà dans l’essence même de la création de mon entreprise c’est plus que primordial.
En travaillant dans la production locale on peut faire face à de gros freins. Sans se voiler la face, en terme de croissance, vu la petitesse du marché, on arrive vite à saturation, on peut être freiné par un manque de produits locaux, selon les saisonnalités, la rareté de certains produits. Notre projet et le bon fonctionnement de notre entreprise est donc basé sur la confiance avec le producteur.
 

T.M+ : CONCERNANT L’EXPORTATION DE VOS PRODUITS, OÙ ÊTES-VOUS IMPLANTÉ ?
C.D : Nos chiffres à l’export sont passé de 50% à 30% de notre production, non pas lié à une baisse de nos exportations à proprement dite mais plutôt au fait que nous notons une augmentation de nos ventes sur le plan local, ce qui se traduit par un maintien du volume exportation et une explosion sur le plan local.
 
T.M+ : QUEL EST LA RECETTE DU SUCCÈS ?

C.D : Pour nous c’est une suite logique. On commence à avoir une belle notoriété grâce à la communication, le travail de terrain, la confiance de nos clients. Sur le marché de la production locale, on est reconnu, la confiance de nos distributeurs y est pour beaucoup.
La qualité est primordiale, il faut aussi être bon dans le service après- vente, pouvoir répondre à nos clients, donc la fidélisation est un ensemble qui aide à avoir une belle notoriété. Et puis il y a le côté social qui nous tient à cœur. On met nos jeunes en avant, on donne envie de mettre la tradition réunionnaise en l’air ! Le réunionnais est fière de voir une entreprise qui grandit et qui fait grandir les réunionnais à ses côtés. Je consacre temps à la confédération des petites et moyennes entreprises, la CPME, plus particulièrement pour la section artisanat, représentée par 40 petits transformateurs réunion- nais. On se regroupe pour être plus fort ! L’objectif est de regrouper les approvisionnements. Par exemple, sur une commande de 30000 bocaux annuel si seul, ensemble cela représente 200 000 bocaux, ce qui nous permet de faire le poids comme pour un industriel. Seul on est limité, il faut se regrouper pour continuer à grandir pour pouvoir exporter, participer au salon...
J’ai participé à 3 salons de l’agriculture et 1 salon Babette de Roziere. Par salon, c’est une tonne de pro- duits envoyés donc 4 et 5 tonnes de produits sur l’ensemble des salons couverts. Et cela ne serait pas possible sans l’aide d’un petit distributeur, Julien Mlisky, un franco-réunionnais qui vit en métropole, qui vient avec nous pour les salons et qui gère la logistique, ce qui aide au développement de notre activité sur la métropole.
On ne peut pas réussir sans la famille. On a peu de temps à leur consacrer, leur soutien est le boost qui nous fait avancer. Dans la construction de ce genre de projet, si on n’a pas le soutien de ceux qui nous entourent on ne réussit pas je dirai qu’ « à plusieurs on est plus forts et on va plus loin » et cela est vrai sur le plan personnel et professionnel !
 

Rédigé le Samedi 8 Août 2020 à 19:50 | Lu 87 fois


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