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Mission Patrimoine en péril


Une mission « Patrimoine » a été confiée à Stéphane Bern par le Président de la République, il y a deux ans. Elle vise à identifier les joyaux qui sont en péril et qui ont besoin d’être sauvegardés d’urgence.


Le Président de la République, a confié le 16 septembre 2017 lors des Journées Européennes du Patrimoine, une mission à Stéphane Bern consistant à identifier les biens patrimoniaux en péril et à proposer des sources de financement innovantes afin de les sauvegarder. Grâce à tous les citoyens (grand public et associations de défense du patrimoine), c’est quelques 3500 sites en danger qui ont pu être identifiés en France. Les sites jugés prioritaires sont sélectionnés en concertation entre les services du ministère de la culture et de la Fondation du patrimoine. Franck Riester, ministre de la Culture, a présenté la liste des 103 projets retenus en 2019. Cette sélection se caractérise par sa très grande diversité typologique. Tous les types de patrimoine y sont représentés : édifices religieux, industriels et techniques, habitations, châteaux, maisons d’artistes, bibliothèques, moulins, jardins... Ils couvrent un large éventail de périodes historiques et sont la propriété de collectivités, d’associations ou de particuliers. On remarque qu’ils sont répartis de manière harmonieuse sur l’ensemble du territoire de la France métropolitaine (un édifice par département) et des collectivités d’outre-mer, dans les espaces urbains comme dans les zones rurales.

SOUTENIR LES PROJETS
Pour l’ensemble des sites sélectionnés, le montant des travaux de consolidation et de restauration est de 78 millions d’euros. Le besoin de financement restant à la charge du porteur de projet est évalué à environ 26 millions d’euros. Depuis l’an dernier, un « Loto du patrimoine » a été créé pour offrir aux Français une nouvelle opportunité d’engagement et permettre aux sites en péril de bénéficier de toutes les sources de financements possibles. Les 121 projets de la deuxième édition de la Mission Patrimoine en péril pourront bénéficier de la part revenant à l’État sur les fonds issus du Loto du Patrimoine. Un tirage exceptionnel du Loto du Patrimoine a déjà eu lieu le 14 juillet dernier et depuis le 2 septembre, deux offres de tickets de grattage à 3€ et 15€ sont proposées. Si le Loto du Patrimoine permet de contribuer en partie au financement de ces travaux, les montants collectés ne seront malheureusement pas suffisants pour protéger l’ensemble des sites identifiés. L’appel au mécénat populaire a ainsi pour but de les aider davantage et de manière encore plus significative. De plus, il faut noter que les dons effectués à la Fondation du patrimoine sont déductibles de l’IRPP, de l’IFI et de l’IS. Le ministre de la Culture souligne tout l’intérêt de ce dispositif participatif et incitatif qui permet à chacun de contribuer à la sauvegarde du patrimoine national. C’est une occasion unique de manifester son intérêt pour l’histoire nationale et, celle, plus singulière, de nos régions. C’est aussi l’opportunité de considérer le patrimoine comme une richesse économique majeure, un moteur d’attractivité touristique et un enjeu de croissance et d’emploi déterminant.

LES PROJETS DE LA RÉUNION
À La Réunion, le comité de sélection a retenu pour la liste emblématique deux édifices religieux inscrits au titre des monuments historiques : le Temple tamoul des Casernes à Saint-Pierre, et le Temple tamoul du Gol à Saint-Louis. Le comité de sélection pour le loto du patrimoine a retenu sur la liste de maillage, les Ruines de la façade de la chapelle néo-gothique du Domaine de Bel-Air à Sainte-Suzanne. En 2018, 4 monuments ont bénéficié de la mission pour le patrimoine en péril à La Réunion, pour un montant de crédits de 410 000€.
 
Temples tamouls des Casernes et du Gol à Saint-Pierre et Saint-Louis
Temple des Casernes : Il s’agit d’un petit temple « tamoul » urbain probablement issu du réemploi d’un ancien bâtiment de l’usine des Casernes et affecté au culte depuis 1850 (une cloche retrouvée sur place porte l’inscription «1883»).
Temple du Gol : Dernier vestige et plus ancien lieu de culte hindou de la Réunion, il a été construit en 1852 sur ordre du comte Denis Le Coat de Kervégen.
 
NATURE DES TRAVAUX
Ces deux édifices présentent un état sanitaire très préoccupant nécessitant d’importants travaux. Une restauration générale est donc prévue.
 
VOCATION DU SITE
Le temple fait partie des projets situés dans les centres-bourgs et les centres-villes permettant de renforcer le lien entre patrimoine et revitalisation. Il s’agit du premier projet de restauration d’un temple tamoul protégé au titre des monuments historiques dans l’île. La Fédération tamoule de La Réunion soutient très fortement ce projet. Cette restauration garantira la bonne conservation de ce lieu de culte hindouïste et valorisera le quartier.
 
Chapelle du domaine de Bel-Air à Sainte-Suzanne
La chapelle a été construite par Camille Jurien de la Gravière dans un style néogothique entre 1858 et 1860. Figure atypique de la société coloniale de la région, cette riche propriétaire foncière dépensa sa fortune dans de nombreuses oeuvres caritatives notamment « en expiation des crimes de l’esclavage ». En 1881, un cyclone détruisit presque complètement la chapelle. Aujourd’hui, il ne reste donc plus que la façade, renforcée à la fin du XIXe siècle par un mur de basalte et les ruines de la sacristie.
 
NATURE DES TRAVAUX
Les vestiges de la chapelle sont restés la proie des intempéries et des plantes invasives qui, à partir des années 1990 les recouvriront presque entièrement. Une dévégétalisation radicale a été menée par le Mémorial Camille Jurien en 2018 pour éviter que les repousses sur les arases de la façade ne provoquent l’effondrement des deux pilastres qui l’encadrent. Cependant, des travaux de consolidation plus conséquents doivent être menés. En effet, sans restauration, la façade ne survivra pas à un nouveau cyclone.
 
VOCATION DU SITE
L’association Mémorial Camille Jurien porte le projet de reconversion de la sacristie reconstruite en salle d’exposition. L’objectif est d’y prévoir l’aménagement d’un parcours méditatif sur l’esclavage autour des vestiges, mais aussi l’organisation d’évènements sur les conditions de vie des esclaves et engagés... Le projet s’inscrit dans une démarche de mise en tourisme de l’ancienne habitation et du domaine en général.

Rédigé le Mardi 10 Septembre 2019 à 07:00 | Lu 270 fois


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