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Syndrome d’Hikikomori quel est ce mal qui touche de plus en plus d’ados et jeunes adultes français ?


Peu connu, le syndrome d’Hikikomori se caractérise un isolement social. Il touche le plus souvent des jeunes qui s’enferment chez eux pendant de longues périodes et qui refusent toute interaction sociale.


En japonais, le mot « hikikomori » signifie « se cloîtrer ». Un « hikikomori » est donc un individu qui s’isole du monde extérieur en s’enfermant pendant des mois voire des années chez lui. Ce trouble, qui cache un véritable mal- être, est encore peu connu en France et reste un mystère pour les psychiatres qui n’arrivent pas à définir son origine.
 
Hikikomori : qu’est-ce que cette forme d’isolement ?

Les premiers cas d’Hikikomori ont été recensés au Japon vers la fin des années 1990. Le psychiatre japo- nais Tamaki Saiton a été le premier à nommer ce trouble psychologique et à lui donner une définition précise. Selon le gouvernement japonais, un hikikomori est une personne recluse depuis au moins six mois sans aucun trouble psychiatrique qui expliquerait ce comportement.
Les hikikomori se coupent de toute vie sociale. Dans la plupart des cas, ils vivent chez leurs parents, enfermés dans leur chambre. En France, la psychiatre Marie-Jeanne Guedj-Bour- diau étudie ce phénomène depuis 2005 et a recensé environ 80 cas d’Hikikomori. Selon ses recherches, ce trouble concerne surtout des jeunes âgés de 13 à 30 ans qui ont arrêté d’aller à l’école ou au travail. La majorité d’entre eux sont des garçons. « Non-répertoriés, ils seraient des milliers en France, des millions au Japon et présents désormais dans
tous les pays du monde» explique la psychiatre sur son site dédié au syndrome d’Hikikomori.
Les manifestations de ce syndrome varient selon les individus. Certains peuvent continuer à sortir faire leurs courses ou aller à des repas de famille tandis que d’autres restent enfermés pendant des jours. La journaliste Mi- chaëlle Gagnet a réalisé un reportage, diffusé sur France 5, sur ce syndrome : « Il faut bien comprendre qu’on ne parle pas de personnes qui s’isolent pour méditer. On parle bien de problèmes psychiatriques. J’ai vu des cas extrêmes, j’ai vu des jeunes qui pour ne pas sortir ont des bouteilles pour faire leurs besoins. Le cas vraiment extrême, c’est d’être enfermé dans le noir, avec le plateau repas posé devant la chambre » a raconté la réalisatrice.
 
Quelles sont les causes du syndrome d’Hikikomori ?

Plusieurs facteurs peuvent entraîner un isolement et un repli sur soi. Des événements traumatisants comme un harcèlement scolaire, une pression familiale, un deuil, une séparation douloureuse ou des abus sexuels peuvent être à l’ori- gine de ce syndrome psychiatrique. D’après Michaëlle Gagnet, des pathologies mentales peuvent aussi causer une exclusion sociale : « Il peut aussi y avoir derrière une maladie psychiatrique. On peut détecter des schizophrénies, de graves dépressions, une psychose. Il se cache toujours quelque chose. Il faut être très attentif quand on a des adolescents qui ont tendance à s’enfermer. Ce n’est pas normal de passer des semaines, des mois, enfermé, et de ne manger qu’avec un plateau repas posé devant la porte », explique la journaliste.
Au cours de leur isolement, les hikiko-mori peuvent passer de nombreuses heures sur Internet, mais il ne s’agit pas d’une des causes de ce syndrome. Au contraire, l’ordinateur est un moyen de garder un contact social. « On définit diverses utilisations d’Internet du plus au moins relationnel : poursuite des relations avec d’anciens amis réels ; cours interactifs par télé enseignement avec professeurs et élèves réels ; liens avec amis virtuels ; gains d’argent, jeux en réseau ; auto- didactisme sans recherche relationnelle » complète Marie-Jeanne Guedj- Bourdiau sur sa plateforme.
 
Comment diagnostiquer le syndrome d’Hikikomori ?

Comme ils s’isolent pendant de longues périodes, le diagnostic du syndrome d’Hikikomori est difficile à poser. Ce sont souvent leurs familles qui en parlent à un spécialiste. Pour le docteur Guedj-Bourdiau, les jeunes touchés par ce mal-être doivent être suivis à domicile. L’hospitalisation est parfois même requise pour les formes graves. La prise en charge de ces patients est longue et peut parfois s’accompagner de nombreuses rechutes.
 

Rédigé le Mardi 28 Juillet 2020 à 20:00 | Lu 242 fois


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